
Une part de nous...
Le patrimoine bâti est une chance pour les petits villages, mais au fil des années il peut aussi devenir une charge. Et le risque de disparition est réel. Cette église qui trône au coeur de notre village, à l’origine commanderie templière, fait partie de notre identité. Elle nous a réunis, rassemblés à son chevet, créant de nouveaux liens au sein du village. Elle est notre histoire, notre culture, notre identité et nous avons la responsabilité de la protéger pour la transmettre aux générations futures. Défendre les spécificités de notre territoire pour contribuer à entretenir la mémoire collective, voilà bien les raisons pour lesquelles nous attirons votre attention sur cette ancienne commanderie.


... à sauvegarder
Dans le cadre d’un programme de mise en valeur de cette église, la consolidation et la restauration devinrent une priorité pour la commune. En 1991, à la demande de la municipalité de Chamberaud, les commissions régionales et nationales des Monuments Historiques se sont prononcées en faveur du classement de l’édifice en totalité. à cette époque, Alain Broussard, technicien des bâtiments de France, constate que « cet édifice est en très mauvais état. Deux voûtes sont écroulées et les autres dans un piteux état à cause des fuites d’eau. Cette église est tout juste sauvable ». Depuis 1992, les habitants de la commune se sont mobilisés pour sauver cet édifice aux nobles origines. L’association pour la valorisation du patrimoine historique de Chamberaud fut créée. Aujourd’hui encore, une restauration est nécessaire à hauteur de 600 000 euros. Les 100 habitants ont donc besoin de votre aide.
Une histoire templière
L’ordre du temple était un ordre religieux et militaire. Ses membres, les templiers, avaient pour mission de protéger les chrétiens de toute l’Europe Occidentale qui se rendaient en pèlerinage en Terre Sainte. Il fut fondé aux alentours de 1118, à Jérusalem, par un petit groupe de chevaliers. D’abord reconnu, l’ordre fut ensuite dissout en 1312 par le pape Clément V.
La commanderie de CHAMBERAUD apparaît pour la première fois dans les textes en 1282. Construite sur un emplacement stratégique, sur une hauteur, près d’un important carrefour routier, elle se trouve sur la route Lyon-Saintes, un des quatre grands axes routiers romains du réseau d’Agrippa.
La commanderie était constituée d’un mur de clôture assez haut, où se trouvait une grande basse cour avec plusieurs corps de logis, un pour les habitations et un autre pour les serviteurs et le bétail. La commanderie disposait également d’une chapelle, d’un cimetière, d’un jardin et d’un verger et à proximité de l’enceinte : deux granges, trois moulins, des étangs, des terres agricoles et une forge.
De nombreuses modifications ont été constatées au fil des siècles : destructions, abandon, reconstructions. À ce jour, et depuis le XIXème siècle, il ne reste plus que la chapelle et la tour carrée devenue clocher qui faisait partie des pièces d’habitation.
Ici et là, sur la commune de CHAMBERAUD, nous pouvons observer des vestiges de la commanderie d’autrefois, telles ces croix de l’Ordre du Temple gravées dans le granit.
Au milieu du XIXème siècle, deux hommes sur trois de la Creuse et alentours partaient. Ils quittaient leur pays du printemps à Noël, pour gagner de quoi faire vivre leur famille, comme d’autres migrants le font aujourd’hui. Pour eux-aussi, c’était la misère qui les poussait sur les chemins. Parce qu’en Creuse, ce qui pousse le mieux, ce sont les pierres. Les rochers de granit sont bien visibles dans le paysage. Le sol a une faible profondeur utilisable, il est peu fertile et aussi bourré de pierres. Vivre de l’agriculture y est difficile. Alors des hommes partaient, laissant la responsabilité des fermes aux femmes, aux enfants et aux anciens. Cette migration particulière a commencé au XVème siècle. Elle s’appuyait sur une compétence de ces paysans : travailler la pierre. En effet, les maçons creusois étaient réputés. Les plus grands chantiers ont fait appel à eux, de Paris à Lyon. Partout, ils savaient assembler des pierres, les caler, avec du mortier de chaux ou de terre. Ils réunissaient toutes les compétences nécessaires. Et ils ont construit le Louvre, des églises, des canaux, des immeubles haussmanniens,... En créant des entreprises, ils ont participé au développement économique de la France et ils se sont aussi engagés dans des luttes pour améliorer la condition ouvrière.
Au XXème siècle, cette migration originale s’est terminée. Le train a certes facilité les déplacements et permis de faire venir la famille. Et la Creuse s’est dépeuplée. Pourtant, il suffit de la parcourir pour admirer l’héritage des maçons creusois : de belles maisons, des granges, des églises, mais aussi des tombeaux. Leur souvenir est gravé dans… la pierre.
Puisqu’il faut partir




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